UNE JOURNEE DE PECHE A L'ECREVISSE

Très peu d'adeptes pour cette pêche qui a pourtant un certain charme. Il est vrai que la rareté de ce crustacé d' eau douce, dans les rivières du centre Bretagne, n'incite pas les pêcheurs a s'investir dans ce mode de capture.
Il est loin le temps ou le pêcheur lorsque qu'il relevait une balance pouvait y voir sept où huit de ces décapodes accrochés autour de l'appât et cela dans les eaux du Blavet, du Sulon où la Rivière de Corlay.

L' ouverture :
Les jours autorisés sont d' une semaine au début du mois d'août.

Le matériel : Six balances par personne. Une balance est faite d'un double cercle métallique d'un diamètre de 270mm, dans lequel est fixé un filet, la maille ne doit pas dépasser les 27 mm de coté. Un fil attaché dans l'axe de la balance permet de fixer l' appât. Sur trois points du cercle supérieur un fil d'une trentaine de centimètre y est attaché et donne une certaine stabilité à l'appareil. L' extrémité de ces trois ficelles est reliée à un cordon de deux où trois mètres.La bourriche est indispensable. Une perche fourchue sera très utile . Deux éléments d'une vieille gaule en bambou me donne une "perche" de près de trois mètres.

Appat : Celui ci peut être un morceau de poisson ou un morceau d' abat de viande ,ne pas croire au dire de certains qu'une viande avariée serait l'idéale.
Au temps des années prospères une tête de mouton coupée en morceaux donnait de très bon résultat.

Notre journée de pêche :

Jean Yves et moi, pour ne pas faillir à la tradition, nous arpentons une petite rivière de l'AAPPMA de LA GOAS AR HANT. Comme pour les coins à champignons une extrême discrétion est de rigueur. Là ou nous allons il n'est pas facile de trouver ce cours d'eau dans un inextricable fouillis de ronces, d'herbes et de plantes sauvages. Après quelques jurons et quelques coups de faucille, nous sommes à pied d'œuvre Une eau limpide coule sur le sable, il y a des trous plus profonds, des roches et racines de ciguë, des méandres où les crues hivernales ont déposées une multitude de branchages l'endroit est idéal.
La pêche peut commencer, après avoir fixé l'appât , nous choisissons les meilleurs postes, près d'une roche ,sous les herbiers etc… délicatement nous posons la balance sur le fond du lit en faisant glisser la ficelle dans la fourchette, vérifier qu'elle soit bien à plat afin d'éviter que l'écrevisse ne passe sous les fils, ce qui arrive très souvent. Puis on recommence l' opération jusqu'à épuisement du matériel, je le rappelle six balances par personne. Cela fait, il est temps de "visiter" les premières posées., Regarde me dit Jean Yves il y a une belle qui s'approche . Effectivement elle semble hésiter a franchir les quelques centimètres qui la sépare du piège, il faut attendre. Plus loin le morceau de poisson s'agite en tous les sens, en regardant bien on peut voir de grosses pinces s'acharner sur l'esche. Prestement mais sans brutalité je relève la balance ,deux écrevisses y sont accrochées, l'une est toute petite, l'autre doit faire la longueur requise soit neuf centimètres. Et c'est ainsi que d'une ficelle à l'autre une trentaine de ces bestiaux se sont fait piégés. De temps en temps on change de place , lorsque le résultat est négatif à l'endroit que l'on croyait infaillible.
La matinée se passe assez vite, beaucoup d'allées et venues d'un bout à l'autre de notre lieu de pêche. Nous n'avons pas oublié l'indispensable casse croûte, nous sommes partis de bonne heure ,et c'est un délice en ce lieu isolé où la nature aurait tendance à reprendre ses droits. Sur la trentaine de prises seules trois où quatre dépassaient la maille. Nous les avons toutes remises dans leur élément, nous ne sommes pas là pour détruire mais pour vivre quelques moments exaltants. C'est le but que nous recherchons. Nous quittons les lieux non sans avoir vérifier de ne rien laisser traîner après nous.

Cela ce passait en l'an deux mille. L'année suivante nous avons renouvelé l'expérience, non pas le samedi jour de l'ouverture, mais le lundi suivant. Personne n'est venue en ces lieux, les abords du ruisseau sont toujours envahis par les plantes sauvages. Grosse déception, les grosses pluies de l'hiver dernier ont drainées des mètres cubes de sable, obturant ainsi les parties empierrées du lit de la rivière et les excavations que les courants avaient creusés sous les berges. Sans grande conviction nous posons les balances dans les quelques postes que nous repérons. Bien vite nous nous rendons à l'évidence il n'y a plus grand chose dans ce ru. De toute la matinée seuls deux spécimens de bonne taille se sont fait piéger. Nous sommes consternés devant ce fait.
Nous renouvelons l'expérience le jeudi suivant le résultat est le même. A chaque sortie des années passées nous pouvions voir quelques truites, de toutes tailles "filées " devant nous, mais là pas la moindre. Des petits vairons ont virevoltés au-dessus des appâts, seul signe de vie dans ces eaux apparemment limpides. . .

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